HISTORIQUE
Une passion familiale : les collections de cactées de Mr. Thiemann

Lorsque en 1964, Monsieur Hans Thiemann découvrit ce lieu au pied des Jbilet , jouissant d’une superbe vue sur la palmeraie et l’Atlas, proche de la ville, mais suffisamment loin pour être à la campagne, Mr. Thiemann pensa avoir trouvé le coin idéal pour s’adonner à sa passion des « Cactus ». Ingénieur agronome, il les cultivait déjà en Allemagne, à Brême, sous serres évidemment, compte tenu du climat, mais il était déjà spécialiste et amoureux de ces plantes.

Par la suite, aussi bien le lieu que le climat s’avérèrent moins idylliques que prévu et il fallu apprendre à composer.

Ce n’était pas par hasard que cet homme s’était pris de passion pour les végétaux : son grand-père horticulteur, a su transmettre à toute une dynastie une méthode rigoureuse, d’observation, de compréhension des besoins des végétaux et des soins à leur apporter, du respect de leur rythme: ce que l’on appelle couramment « la main verte ». C’est aujourd’hui encore une histoire familiale puisque Mme Fatima Thiemann et ses enfants ont été saisis par la même passion et essaient de continuer avec la même éthique.

Le domaine d’une superficie de dix sept hectares était, à l’arrivée de Mr. Thiemann complanté en partie d’oliviers et d’agrumes. C’est une terre sèche, bien drainée. Dès le début, l’horticulteur amena graines et boutures d’Allemagne, puis peu à peu, il constitua une collection de plus d’une centaine d’espèces venant de tous les coins du monde, mais plus spécialement d’Amérique du sud. Il choisissait aussi des sujets déjà âgés d’une dizaine d’année qu’il tenta avec plus ou moins de succès d’acclimater en plein air : le climat du Haouz est particulièrement contrasté, caractérisé par des variations thermiques importantes entre le jour et la nuit et d’une saison à l’autre. Les nuits de gel ne sont pas exceptionnelles en hiver et l’été est long, chaud et surtout très sec : non seulement il n’y a pas de précipitations, mais l’air est également sec : pas ou peu de rosée. Dans ces conditions, même les cactus doivent être arrosés. Or, actuellement des années de sècheresse ont amené une baisse tragique du niveau de la nappe phréatique et le puits alimentant les plantations a dû être amené à 40 mètres de profondeur, l’avenir des cultures peut devenir problématique.

Il n’en était pas de même lors des débuts de la plantation, cependant toutes les espèces n’ont pas accepté les conditions environnementales. La sélection naturelle a joué et aujourd’hui, toutes les espèces de la plantation sont parfaitement adaptées aux conditions climatiques habituelles et ont grandi sur place. Certains magnifiques et majestueux sujets ont une quarantaine d’année… Tous les essais, échecs, réussites ont été méticuleusement notés dans ses cahiers par Mr. Thiemann. Là sont conservés les renseignements concernant les maladies ou les ravageurs des plantes, les essais de médicaments ou de lutte, les contacts entretenus avec divers laboratoires, les envois d’échantillons à fins d’analyses : mine de renseignements et mémoire de la tâche accomplie. Car, si l’horticulteur aimait et vivait avec ses plantes, ce n’était pas en amateur jaloux, il aimait expliquer, enseigner, communiquer son enthousiasme. D’ailleurs, il exportait partout dans le monde et plus spécialement vers la Hollande, l’Allemagne, la Suisse et la France. Comment résister à une telle conviction ?

Madame Fatima Thiemann, au début ne connaissait rien aux plantes et ne s’y consacrait pas outre mesure, mais au fil du temps, à son insu peut être, elle devint élève puis collaboratrice, et enfin partenaire de l’entreprise de son époux. Leurs enfants n’échappèrent pas aux leçons en plain air, sur le terrain ou dans les livres spécialisés. Leur fille Roselinde, après des études orientées vers le commerce international est revenue auprès de sa mère à Marrakech tenter de continuer l’œuvre paternelle.

Le projet actuel de Fatima et sa fille Roselinde est de relancer l’activité commerciale, d’utiliser les moyens actuels de communication pour se faire à nouveau connaître, d’établir un catalogue des espèces disponibles. Des semis ont étés réalisés et élevés temporairement sous serre, les cultures sur 6 à 7 hectares sont entretenues et suivies sur le plan phytosanitaire, les plantations sont magnifiques avec tous les tons de vert depuis le plus bleu jusqu’au jaune le plus intense, et la saison des floraisons montre toutes les variétés de rouges, roses, orangers. L’œuvre de Mr. Thiemann a toutes les chances pour continuer à vivre grâce à la passion qu’il a réussi à transmettre à son entourage.
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